La loi du 24 octobre 2025 a renommé l'entretien professionnel en entretien de parcours professionnel. Elle a aussi allongé ses délais : l'entretien a désormais lieu tous les 4 ans et l'état des lieux récapitulatif tous les 8 ans. Le premier entretien doit se tenir dans l'année qui suit l'embauche. La loi rattache aussi à ce dispositif deux rendez-vous liés à l'âge, à mi-carrière et en fin de carrière. Cette trame est un complément idéal pour être prêt.e face à tout ce que change la réforme de l'entretien de parcours professionnel.
Les thèmes obligatoires à aborder pendant l'entretien
La trame d'entretien de parcours professionnel doit couvrir 5 thématiques obligatoires :
- Les compétences et qualifications du salarié, et leur évolution possible face aux transformations de l'entreprise et du monde du travail
- Sa situation et son parcours professionnels, au regard des évolutions des métiers et des perspectives d'emploi dans l'entreprise.
- Ses besoins de formation, qu'ils concernent son poste actuel, l'évolution de son travail ou un projet personnel.
- Ses souhaits d'évolution professionnelle : mobilité interne, reconversion, bilan de compétences, VAE.
- L'activation de son compte personnel de formation (CPF), les abondements possibles et le recours au conseil en évolution professionnelle.
Les objectifs de l'entretien de parcours professionnel se distinguent de ceux de l'entretien annuel, même si les deux peuvent se tenir le même jour. L'EPP n'évalue pas le travail du salarié.
Qui est concerné, et à quelle échéance
Tous les salariés ont droit à l'entretien, quelle que soit la taille de l'entreprise et quel que soit leur contrat.
L'entretien tous les 4 ans
Le salarié est informé dès son embauche qu'il bénéficiera d'un premier entretien dans l'année. Ensuite, l'entretien revient tous les 4 ans. Il est mené par un supérieur hiérarchique ou un représentant de la direction, pendant le temps de travail. Il donne lieu à un document écrit dont le salarié reçoit une copie. Un accord d'entreprise ou de branche peut prévoir un rythme plus court, mais jamais plus long que 4 ans.
L'état des lieux récapitulatif à 8 ans
Tous les 8 ans, l'employeur fait le bilan du parcours du salarié. Il vérifie quatre points :
- les entretiens de parcours professionnel ont bien eu lieu ;
- le salarié a suivi au moins une action de formation ;
- il a obtenu une certification, par la formation ou par la VAE ;
- il a progressé sur le plan salarial ou professionnel.
Dans les entreprises d'au moins 50 salariés, le salarié doit aussi avoir suivi, sur ces 8 ans, au moins une formation non obligatoire. Une formation imposée par la réglementation pour tenir son poste ne compte pas. Cette exigence se prépare au fil des années, dans votre plan de développement des compétences.
Les situations particulières : retour d'absence, mi-carrière, fin de carrière
L'entretien est aussi proposé au retour de certaines absences, si le salarié n'a pas eu d'entretien dans les 12 mois précédents. C'est le cas notamment après un congé maternité, un congé parental, un congé de proche aidant, un congé sabbatique, un arrêt de longue maladie ou un mandat syndical. Le salarié peut demander à le passer avant sa reprise.
Deux rendez-vous liés à l'âge s'ajoutent. L'entretien de mi-carrière se tient dans les deux mois qui suivent la visite médicale de mi-carrière, organisée autour de 45 ans. Il aborde en plus l'aménagement du poste et la prévention de l'usure professionnelle : voir notre trame d'entretien de mi-carrière. L'entretien de fin de carrière a lieu dans les deux ans qui précèdent les 60 ans. Il porte sur le maintien dans l'emploi et les aménagements possibles, comme le temps partiel ou la retraite progressive.
Vous préparez aussi vos campagnes de premier entretien de parcours professionnel, un entretien de mi-carrière ou de fin de carrière ? Tous les modèles sont réunis dans notre boîte à outils de l'entretien de parcours professionnel.
Ce que l'entreprise risque en cas de manquement
La sanction concerne les entreprises d'au moins 50 salariés et se constate lors de l'état des lieux à 8 ans. Elle s'applique si le salarié n'a pas eu les entretiens prévus et au moins une formation non obligatoire. L'employeur doit alors verser 3 000 € sur le CPF du salarié. Ce versement passe par la Caisse des dépôts et doit intervenir au plus tard le dernier jour du trimestre qui suit l'état des lieux. En cas de contrôle, un abondement non versé peut donner lieu à une mise en demeure, puis à un versement majoré au Trésor public.
Piloter vos campagnes d'entretiens de parcours professionnel
Pour des centaines de salariés répartis sur plusieurs sites, avec des cycles longs, il vous faut un outil de suivi. Avec le logiciel de gestion des entretiens d'Empowill :
- vous centralisez vos modèles de trames et les réutilisez d'une campagne à l'autre ;
- les managers reçoivent des rappels automatiques à la date que vous fixez ;
- chaque salarié a un statut de suivi : à jour, échéance proche ou dépassé.
Prenons un groupe de BTP de 600 salariés répartis sur une dizaine de chantiers. Le service RH crée un type d'entretien avec une validité de 4 ans et un autre de 8 ans. Les compagnons intègrent le suivi automatiquement dès leur embauche. Les chefs de chantier reçoivent les rappels par e-mail et les collaborateurs remplissent leur préparation sur mobile, sans créer de compte.